Voilà 11 ans que Kojima nous narre une histoire. Et pas n’importe quelle histoire, celle d’un soldat d’infiltration qu’on envoie au front seul régler des situations périlleuses. L’histoire de Solid Snake. Des prémices de sa genèse à un stade avancé de sa vie, peu d’occasions auront pu échapper aux équipes de Kojima Productions de nous mettre aux prises avec des terroristes, et d’en découvrir plus sur un des héros emblématiques du Jeu Vidéo. Mais qu’en est-il de Peace Walker ?
Comme avec Metal Gear Solid 3 : Snake Eater, Kojima met le sort de Naked Boss entre nos mains. Cet opus va servir à éclaircir la dernière zone d’ombre qui lie son destin à celui de l’ennemi historique des Metal Gear, Big Boss. Cette connexion se faisant déjà assez distincte dans le troisième volet, elle se justifiera cette fois de manière bien plus précise. Sans vouloir révéler quoique ce soit sur l’intrigue de Peace Walker, sachez tout de même que nous serons aux prises avec la CIA qu’il faudra bouter hors des limites du Costa Rica. A cela se rajoute un cliffanger hérité tout droit de Snake Eater pour donner de l’épaisseur à l’intrigue du jeu et tenir le joueur en haleine. Cette jonction scénaristique vient donc faire le lien avec les premiers Metal Gear et ainsi refermer le chapitre Solid.

Passons maintenant au cœur de ce test, le jeu en lui-même. Et croyez-moi, il y a de quoi dire.
Une absence remarquée
Autant crever l’abcès d’entrée, Peace Walker souffre d’une maniabilité problématique. Voilà, c’est dit. Pourquoi ? Attendez, je vais détailler, ne soyez pas pressés comme ça. Petit retour sur la console choisie pour cet opus.
Après Portable Ops, c’est au tour du dernier né de Kojima Productions de se retrouver sur la console portable de Sony. Ce choix peut paraître étrange, surtout quand on se souvient que les épisodes principaux de la saga sont tous affilés à une console de salon. Est-ce pour répondre au plus près aux contraintes de jeu nippones ? Est-ce pour diminuer de manière drastique les coûts de production et ainsi pouvoir se concentrer sur le contenu plutôt que le contenant ? Sans doute un peu des deux. Et ce sont bien les contraintes inhérentes de la PSP qui viennent causer les maux dont souffre Peace Walker. Le titre est basé sur le même schéma de jeu que Guns of the Patriots, Snake déambule dans un univers en trois dimensions très proche de l’ambiance de Snake Eater avec une caméra à 360°. Et là où une manette de salon disposent de deux sticks analogiques, permettant de se déplacer et d’orienter la caméra simultanément, la PSP n’en dispose que d’un.
Partant de ce principe Peace Walker propose trois configurations de touches aux joueurs avides de sensations que nous sommes. Et ces trois configurations ne seront pas de trop pour essayer de satisfaire chacun. Nous avons donc le mode Action où la croix numérique sera allouée à déplacer la caméra. Il faut reconnaitre que ce mode n’est pas forcément le plus pratique des trois vu que la caméra et les déplacements sont sur le même côté de la console. Ensuite le jeu nous propose le mode Chasseur où les boutons de tranches serviront à la gestion des objets et des armes. Et enfin le mode Tireur qui placera la gestion de la caméra sur les boutons Croix, Carré, Triangle et Rond. C’est avec ce mode que l’on se rapprochera le plus du confort d’une manette, équilibrant les actions sur l’ensemble des touches. Malheureusement, quatre boutons ne pourront remplacer la précision d’un stick, en particulier dans le feu de l’action.
Solo ? Han Solo ?
Si la jouabilité n’est pas optimale, le jeu n’est pas injouable pour autant rassurez-vous. Il nécessitera un petit apprentissage avant d’être vraiment pris en main et les premières parties ont un côté frustrant qui s’estompent assez vite. Et dans l’optique de ne pas déséquilibrer de trop la difficulté de son jeu, Kojima n’a pas pourvu l’IA d’une intelligence à toute épreuve. Seul un soldat tout proche sera alerté par un bruit suspect. Ce genre de comportement laisse une marge de manœuvre plus large que dans les précédents épisodes, ce n’est pas du luxe, et il permet au joueur de préparer son offensive plus calmement. Car les mauvaises surprises peuvent vite arriver, et sans une caméra réagissant au doigt et à l’œil, la panique pointe rapidement le bout de son nez ,suivie de près par la mort. Et dans ce dernier cas, pas de checkpoints envisageables, il faut recommencer la mission dans son intégralité. Je vois que vous commencez à comprendre pourquoi je parlais de frustration quelques lignes auparavant. Et contre les boss, votre patience sera parfois mise à l’épreuve, tout du moins en solo.
Le fait que je parle de solo n’est pas anodin car Peace Walker intègre la possibilité de jouer en coopération une partie des missions. Libre à vous d’inviter trois autres amis à venir vous prêter main forte pour vous défaire des boss les plus coriaces. Cette aide n’est pas forcément nécessaire pour venir à bout de Peace Walker mais elle facilite grandement la tâche par moment. Et ne croyez pas être seul pour autant durant le solo, loin de là.

Attrapez les tous ! Attrapez les tous !
Kojima ne se contentant pas des phases de jeu, ce dernier a inclus dans Peace Walker un système de gestion des ressources humaines. Vous voilà promu RH. Félicitations ! Vous n’avez rien demandé ? Va falloir faire avec ! Vous devrez gérer vos hommes au sein de votre Mother Base, une station pétrolière que vos amis Costaricains ont eue la bonne idée de vous échanger contre vos loyaux services. Vos hommes eux proviennent des soldats assommés ou des prisonniers extraits durant les différentes missions qui vous seront proposées. Du militaire lambda aux « invités surprises », le jeu ne manquera pas de vous faire utiliser votre ballon Fulton pour les rapatrier à votre QG et les mettre au boulot aussi sec. Plusieurs secteurs d’activité seront à pourvoir, allant de la Recherche et Développement jusqu’à faire les repas pour tout ce beau monde. L’affectation aux différents secteurs pourra être gérée de manière automatique mais vous aurez également la main. Vos hommes ayant des domaines de prédilection, ce sera à vous de les assigner dans les domaines tirant parti de leurs compétences. Et ne croyez pas que cet aspect soit du pur gadget, il en incombe de l’état psychologique de vos hommes et également de petits bonus à récupérer vous rendant la vie plus facile sur le champ de bataille. Ainsi vos chercheurs pourront vous concocter de nouvelles armes, des améliorations, des explosifs ou bien des chips Doritos. Me serais-je trompé ? Et bien non ! Cet opus a une présence publicitaire des plus marquées, ne soyez pas surpris de croiser des marques connues par ci par là durant vos parties, les placements étant légion.

Snake, do you hear me ?
Parlons à présent d’un sujet qui avait pu en fâcher plus d’un par le passé : l’équilibrage jeu / cinématiques / codec. Pour la première fois depuis le premier volet des Solid, la balance penche largement en faveur du temps de jeu. Pas de séquence de codec à rallonge, pas de cinématiques interminables, place à de l’action. Il faudra tout de même passer un peu de temps avec la Mother Base pour préparer ses différentes missions, histoire d’assurer une fois sur le terrain. Les cinématiques n’ont d’ailleurs plus tout à fait le même aspect. On retrouve quelques séquences faites avec le moteur du jeu mais on retrouve également des séquences en bande dessinée animés dans la veine de celles proposées dans Portable Ops. Et cerise sur la gâteau, elles sont interactives ! Vous pourrez ainsi utiliser des armes, observer les blessures de vos interlocuteurs ou bien les déshabiller du regard, au sens propre comme au figuré.
Il faudra une bonne quinzaine d’heures pour boucler la trame principale, et le double voire plus pour venir à bout de l’ensemble des missions annexes. Ces dernières sont d’ailleurs rejouables à volonté avec vos hommes de la Mother Base, ce qui leur octroiera des points de compétences et également feront progresser vos recherches. Les pokemaniques apprécieront.

Vous croyez avoir fait le tour du propriétaire ? Détrompez-vous ! C’est devenu une habitude au sein de la série, Kojima aime à glisser des clins d’œil à d’autres titres. Et c’est Monster Hunter qui sera de la partie dans cet opus. A vous la chasse aux monstres préhistoriques au fusil d’assaut !
Vous l’aurez compris, Peace Walker est un jeu riche en contenu, très riche même pour un jeu sur console portable. Mais il n’est pas exempt de défaut pour autant. Outre la maniabilité perfectible induite par la PSP, on peut également regretter un scénario en deçà des promesses faites. On peut également être déçu que les boss ne soient plus aussi marquants que dans les épisodes précédents. On sera confronté la plupart du temps à des tanks ou des robots sans avoir d’ennemis emblématiques. Ce sont ces petits éléments qui font de Peace Walker un bon Metal Gear sans être nécessairement un épisode pilier dans la série, son absence de numérotation venant corroborer cet état de fait. Doit-on le bouder ? Absolument pas. Peace Walker est un des meilleurs jeux sur PSP tous genres confondus, s’en priver serait une hérésie.
La PSP tient avec Peace Walker l’un de ses porte-étendards, le genre de jeux qui vous fait acheter une console. Il n’est pas exempt de défauts mais l’expérience mérite d’être tentée. Et comment résister à l’idée de jouer à un Metal Gear Solid où bon vous semble ? Je vous le demande.






6 commentaires sur “Metal Gear Solid Peace Walker”
7 juillet 2010
ZypC’est honteux ! Ce jeu mérite au moins 18 ! 17 c’est moche et c’est pas un chiffre paire ! Remboursez mon compte premium !!!!
7 juillet 2010
Jack.bossOn croirait que je l’ai écris ce test tant il est proche de mon ressentit sur e jeu =p
Tout y est Zelph’ bien joué
Pour la caméra, comme tu dis, ça reste jouable mais je comprends pas pourquoi notre ami Kojima n’as pas utilisé le système de caméra de MGS, MGS 2 et 3 (pas le subsistences) Pour moi, je suis sur que ça aurait collé parfaitement avec la console, il y a qu’à rejouer à MGS sur le store PSP pour s’en apercevoir. C’est dommage je trouve tout comme le scénario qui déçoit par son manque de réponses et d’éclaircissements pour le gros Fan que je suis. Mais il en faut pour tout le monde c’est normal
Un bon épisode mais pas un MGS 5 comme promis, ce n’est pas pour rien qui ne se nomme pas comme ça :p.
7 juillet 2010
Zelphir@Zyp : à partir de 18, on commence à toucher aux jeux sans défauts majeurs. Le 17 montre bien qu’il lui manque un tout petit rien pour en faire partie.
@Jack : c’est bien pour ça que je ne jette pas la pierre à la PSP. Si Kojima a choisi ce support, c’était à son équipe de trouver l’orientation de gameplay la plus appropriée à son titre. La jouabilité sauce MGS2 serait certainement mieux passée.
21 juillet 2010
GegzJ’étais sur le point de lui décerner un 9/20, jusqu’au moment ou j’ai vu qu’on pouvait foutre UNE GAMINE EN SOUTIEN-GORGE. 18/20 GOTY.
3 août 2010
numeroVIJe souhaite que la personne qui a rédigé ce test soit licenciée sans indemnité s’il vous plaît. Merci. J’attends.
J’attends toujours.
5 août 2010
FoxEt tu vas attendre longtemps.
Gniark gniark.