Loin est l’époque où je portais du Quicksilver et où je passais mes nuits devant les X-Games. Non ce n’est pas du Pr0n, mais une compétition regroupant divers sports extrêmes. C’était le temps des Coolboarders, de 1080 sur 64, et des anciens SSX. Loin est ce temps à présent, mon portefeuille Qsnow Xtrem dort dans mon armoire, je continue de m’habiller comme un sac à base de baggy et de hoodies, mais je ne parle plus comme Brice de Nice, for Fox sake. Le plaisir est resté, Transworld (ce n’est toujours pas du Pr0n), Amped, la glisse revenait par petites touches sur mon chemin pour me rappeler que la poudreuse devait rester en montagne et pas dans les toilettes. Et puis revient d’entre les morts SSX, ancien guerrier de l’arcade et du n’importe quoi, j’enfile mon fute Burton et mes Bollé Edge, et on y va.
Snow White And The 9 Mountains
SSX se positionne dans une optique un peu moins pétante que ses prédécesseurs, notamment SSX Tricky qui permettait de régler son écran sans utiliser d’autres outils tant le fluorescent et l’explosif côtoyaient le flashy. C’est donc dans une robe un peu plus sobre que s’aborde ce SSX, qui ne trahit cependant pas ses origines. Le design général est très ‘fresh to ride’ l’ambiance 90′s alliée à une image difficile à décoller des sports extrêmes, ces sports pour éternels ados un peu barges. Le moteur n’est pas des plus puissants, correct dans son affichage basique mais souffrant d’un clipping parfois visible. Les descentes démontrent un travail honorable, le level design s’avère parfois assez fou tant les sauts sont hauts et les obstacles nombreux. Cependant, l’impression de vitesse se fera souvent attendre, problème du moteur ou volonté des développeurs, dans tous les cas elle est trop effacée voire absente.

La bande son est portée par des rythmes endiablés de drum n’ bass qui collent bien au genre, mais qui ne seront pas du goût de tout le monde. Les doublages, sincèrement d’un autre âge, sont proprement insupportables pour qui a dépassé l’époque du «trop défonce ton trick man !», ce n’est pas parce qu’on est rider que l’on parle comme Hervé Noël à l’époque des X-Games.
Sors Tes Tricks Voilà Qu’ça Glisse
Ou pas, car dans les faits, SSX glisse moyennement, pour ne pas dire que les sensations de glisse pure sont parfois totalement absentes du titre. Si le jeu reste imprégné de l’ambiance arcade et n’importe quoi de la série, avec des enchaînements toujours aussi impressionnants, il y perd en ressenti. Il en va de même pour les passages où l’on ridera de la glace, dans lesquels on ne sentira pas de différence avec la poudreuse si ce n’est à l’écran, dommage. Même si l’impression de rider comme un barge est voilée, les tricks sont là pour rattraper le coup avec une ribambelle de figures toutes aussi folles les unes que les autres. Enchaîner un 1080 c’est so 90′s, là on crache un 3240 Superman avant de se réceptionner en front manual, pour terminer sur un grind de deux bornes avec une toupie infernale.
Pour booster l’ensemble, SSX est doté d’une barre Tricky qui servira à gagner de la vitesse dans un premier temps, puis une fois chargée d’envoyer des tricks encore plus invraisemblables que les premiers. Une fois la barre Tricky à fond, vous disposerez d’un boost illimité, et pourrez envoyer la purée, mais attention, une chute et vous perdrez tout votre beau combo.
Dohko Des 9 Pics
Tu sais jeune rider, j’ai appris beaucoup du vieux Maître, principalement à rester assis, mater les fesses de Shunrei, et crier très fort pour faire remonter un torrent. Ah non, je me trompe, c’était aux 5 pics, enfin bref…

Passons aux modes de jeux proposés avec le tant attendu World Tour, qui regroupera une trentaine d’épreuves réparties dans les 9 massifs les plus connus. Antarctique, Himalaya, Patagonie, Pôle Nord, vous ferez le tour du globe afin de descendre les pentes les plus dangereuses du monde. Courses de vitesse, freestyle où seuls les points comptent, défis descente extrême, le jeu varie son menu mais stagne vite dans une répétition qui, alliée au manque de sensations, lasse assez vite le joueur dans sa session. Un gros bémol aux descentes en caméra inversée, peu lisibles et franchement creuses tant en terme de gameplay que d’immersion.
Pour pouvoir réussir les nombreuses épreuves que la nature mettra sur votre route, l’équipe SSX devra s’étoffer, et vous rencontrerez divers personnages au cours de votre aventure de l’extrême. Chacun aura un bonus qui prendra la forme d’un équipement spécial et qui sera indispensable pour réussir vos descentes.
Shaun Roux Snowglanding
Piolets, wingsuit, armure, radar, bouclier thermique, ces équipements seront fournis de base à chaque spécialiste. Mais comme un jeu de sport sans shop est comme une bière sans mousse, un impressionnant magasin s’ouvrira devant vous pour acheter tenues, boards, et équipements de pointe pour gagner encore plus de chances de survie et de réussite. L’argent pour acheter ces items sera gagné en course, dans le mode solo et dans le mode multijoueurs, mais pour les feignasses, EA a pensé à tout en vendant à grand renforts de monnaie réelle l’argent qui vous manquera en jeu, ils sauront quoi en faire croyez-le.

Le mode course libre laissera aux free riders le choix de leur destination, arpentant les montagnes du globe afin de conquérir le monde par la glisse. Le jeu s’offre aussi une variation du célèbre Autolog, où vous pourrez placer des défis et autres géotags dans les courses, provoquer vos amis dans les descentes freestyle ou des rides de pure vitesse.
Comptez une bonne quinzaine d’heures pour repartir avec le trophée du World tour, ajoutez à cela un multi sympathique et la course aux défis entre amis et vous en aurez pour près du triple. Vous noterez qu’il n’est pas question de scénario, pour tout vous dire voici le timbre poste : Griff était avec les SSX, il s’est barré avec les sponsors, il faut le battre. Voilà, vous êtes instruits.
SSX est ce qui se fait de mieux actuellement dans l’univers très éteint des jeux de snowboard. Malheureusement, il n’est pas non plus la référence attendue par les nombreux fans de la discipline, la faute à une réalisation timorée et un manque cruel de sensations. Parce que le snow, c’est avant tout bouffer de la neige par tout les trous, et croiser Le Yéti en haut des pistes, parce que le ride ce n’est pas vivre dans les années 90.
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Graphismes : 6
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Bande Son : 6
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Gameplay : 7
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Durée de Vie : 8






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